ABOU DIARRA |
|||||
|
![]() Abou Diarra est un musicien issu de la génération des joueurs de Kamale’N’Goni. Son parcours l’a amené à la fois vers l’histoire des chasseurs et la musique traditionnelle mais également vers le choc des cultures, les questions liées à l’exil, et l’occidentalisation de l’Afrique.Issu de la brousse, imprégné de culture traditionnelle, il porte un regard sur la société africaine actuelle, questionne le quotidien et la solitude des hommes. Il rappelle aussi, à travers ses textes, la sagesse des anciens, la richesse de la culture bambara et de l’empire mandingue qui ont construit les racines du Mali. Son parcoursAbou Boubacar Sidiki Diarra est né en 1975, dans la région de Sikasso (cercle de Niéna, village de brousse de Sanankoroni Togola), au sud du Mali, berceau de la musique Wassoulou. Il est le fils d’un grand chasseur-féticheur Malien appelé à l’époque Niama Diarra et de Fatoumata Diallo, chanteuse, initiée au savoir des chasseurs et joueuse de Yabara (instrument traditionnel à percussion de la région de Ganadougou). En 1983, âgé de 9 ans, il commence sa formation en accompagnant sa mère en tant que choriste dans différents lieux de Ganadougou. Il poursuit ce travail jusqu'à l’âge de 14 ans avant de se tourner vers le N’Goni. Il confectionne alors son premier instrument, pentatonique à six cordes et commence son apprentissage. Il quitte village et famille pour rejoindre son premier maître, Daouda Bagayoko, avec lequel il passera deux ans. L’exil - La Côté d’IvoireA 16 ans, jeune et infatigable, il se déplacera de village en village pour servir différentes cérémonies (fêtes traditionnelles, mariages…). Commence alors un long exil, dans les sillages de la musique, qui l’amène sur chemin de la Côte d’Ivoire en tant que Gombotier (musicien de cérémonies de mariages, baptêmes... ). La musique n’apportant qu’un maigre revenu, il rejoindra les champs de café et de coco puis devient apprenti mécanicien. De retour au Mali - BamakoAprès cinq années d’exil, Abou revient vers le Mali, à pied, de village en village, donnant de petits concerts jusqu’au lieu de son enfance. Il poursuit son chemin avec, cette fois-ci, de vieux musiciens de la brousse. C’est une retrouvaille avec ses racines. Commence alors à s’affirmer un style qui lui est propre, mélangeant la modernité découverte à Abidjan et le jeu traditionnel. Il continue sa route vers la capitale du Mali, Bamako, qu’il rejoint en 1999 et ajoute alors des cordes à son N’Goni, y puisant des sonorités interdites dans la musique des anciens et construit un Kamale’N’Goni à dix cordes. Il commence à être connu et collabore avec plusieurs musiciens maliens en tant que chanteur et N’Goni Fola. Le vieux Kanté « Sans commentaire »Son chemin croise alors, la route d’un autre joueur de Kamale’N’Goni. Un homme, plus vieux, aveugle, virtuose sur des instruments à 10 cordes et déjà reconnu au Mali et à l’étranger sous le nom du « Vieux Kanté », ou « Sans Commentaire ». Abou décide de le suivre et consacre neuf ans à apprendre auprès du maître. Il l’accompagne aussi bien dans ses concerts (au Mali et dans toute l’Afrique), qu’au quotidien. Ils resteront ensemble jusqu’à la mort du vieux Kanté en 2006. Au fil de ces années, Abou ajoute encore des cordes et joue désormais avec un instrument à 14 cordes. ActuellementEn parallèle, il rejoint la Troupe Nationale BABEMBA (Bamako), d’abord en tant que musicien, puis comme chef d’orchestre durant 9 ans. Il voyage dans ce cadre à travers différents pays d’Afrique et du Magrheb. En sus de ces différentes activités, il forme des joueurs de Kamale’N’Goni, aussi bien Maliens qu’Européens, et transmet son savoir acquis lors de ces années de travail. Il poursuit son travail de musicien et de chanteur, et multiplie sur le temps qui lui reste les rencontres avec d’autres artistes. Il enregistre des maquettes, cherche, compose, participe aussi aux projets des autres… Peu à peu, il acquiert une certaine notoriété dans le monde artistique. Il collabore régulièrement à des enregistrements en studio, en tant que N’Goni Fola. Il est apprécié pour son oreille et sa bonne connaissance du traditionnel malien. A ce titre, on le contacte régulièrement pour des conseils et des arrangements musicaux. Il participe actuellement, de plus en plus fréquemment, à des échanges avec des musiciens de différentes origines et styles musicaux (jazz avec Annes Kies, traditionnel peul avec Barry Djuguiba et Séga Sidibé, rock métissé avec Angata…). Petite liste non-exhaustive des collaborations (Musiciens Maliens)Alou Sangaré ![]() |
||||